Tous droits réservés

Site réalisé par
ALPHA STUDIO
Revue de presse
Midi Libre - juillet 2008
à propos du concert "Canta Napoli" - St Guilhem
L'ouverture de la saison musicale de l'abbaye de Géllone s'est achevée en standing ovation, saluant d'abord le talent et le charisme du ténor Mathieu Abelli. … Autour de lui, flûte, violes, archiluth et percussions étaient voués à un accompagnement attentif, un habillage subtil de la voix : l'ensemble Fuoco E Cenere, magnifiquement mené par Jay Bernfeld, exprimait aussi toute la saveur des intermèdes, sonates, gaillardes et tarentelles. Ce voyage particulierment bien pensé dans ses enchaînements ouvrait sa première vision sur Fenestra che lucive pour s'achever dans l'évocation nocturne de Marechiare, soulevant l'enthousiasme du public envoûté. La première partie, consacrée à la musique ancienne avec des pièces variées, parfois comiques, parfois demandant une technique monteverdienne, permettait au chanteur de donner toute sa gamme expressive. On y appréciait les influences méditerranéennes, grecques et l'évolution musicale liée à l'occupation espagnole. Après deux airs splendides de Scarlatti et de Pergolèse, le répertoire napolitain des XIXème et XXème siècle trouvait vraiment le ténor idéal, fougueux, "nature", donnant à ce chant les pianissimos les plus fins, sans jamais pousser les décibels ni passer les notes en force. Loin du folklore, moirée ou cuivrée mais toujours pleine de lumière, cette voix touchait par sa sincérité et la beauté du timbre. Rayonnant dans O Paese d'o Sole, Mathieu Abelli confirmait dans O Sole mio l'éclat de son timbre. On aurait bien gardé ce soleil toute la nuit.

Michèle Fizaine